Le Premier ministre, qui a convoqué samedi à Matignon les ministres de la Santé et de l'Outre-Mer, "a décidé d'accentuer la mobilisation des moyens de l'Etat, dans le cadre d'une stratégie globale de lutte contre l'épidémie". Il a demandé à Xavier Bertrand de se rendre à la Réunion "d'ici lundi".

Matignon précise dans un communiqué que, "sans délai, 400 militaires supplémentaires seront mis à disposition de la lutte anti-moustique" à la Réunion et que "plusieurs dizaines de professionnels de santé avec des matériels nouveaux renforceront également la capacité de prise en charge des malades, notamment dans les hôpitaux".

Dès le retour de Xavier Bertrand, dont la date n'est pas précisée, Dominique de Villepin "réunira les ministres concernés pour arrêter un plan global et interministériel dans les domaines de la prise en charge des malades, de la démoustication et de la recherche dans les îles de la Réunion et de Mayotte".

L'épidémie qui frappe l'île de la Réunion depuis mars 2005 aurait déjà touché plus de 22.000 personnes.

Xavier Bertrand a indiqué à l'issue de la réunion de Matignon qu'environ 5.000 nouveaux cas par semaine étaient actuellement enregistrés.

"LE VIRUS DE L'HOMME COURBÉ"

"Nous sommes aujourd'hui face à un tout nouveau pic dans l'épidémie (...) Il peut y avoir encore une accélération de l'épidémie. Nous sommes particulièrement mobilisés face à l'évolution de la situation à Mayotte, où de premiers cas ont été observés", a-t-il précisé.

Le ministre de la Santé a mis aussi l'accent sur l'intensification des moyens de recherche pour "identifier le meilleur traitement".

Le chikungunya, ou "virus de l'homme courbé", n'est pas mortel, mais il n'existe ni vaccin ni traitement préventif médicamenteux.

La maladie, transmise par les piqûres de moustiques, se traduit par une forte fièvre, des éruptions cutanées, des courbatures dans les articulations, souvent celles des doigts et des genoux, obligeant le malade à se déplacer courbé. Les médecins spécialistes recommandent le repos et la prise d'anti-inflammatoires.

Trois membres de la Sécurité civile avaient été envoyés vendredi à la Réunion pour une mission d'évaluation des moyens à déployer pour endiguer l'épidémie, qui a provoqué un report de la rentrée des lycées et collèges pour pouvoir démoustiquer les établissements.

François Baroin a fait savoir jeudi dernier lors des questions du gouvernement au Sénat, que "plus de 1.500 personnes sont actuellement sur le terrain pour engager la démoustication" à la Réunion.