La direction de l'université présidée par Marc Gontard a déploré dans un communiqué que la consultation qu'elle avait mise sur pied à la mi-journée "n'a pu être menée à terme suite à la décision de l'AG des étudiants d'interrompre ce vote par la force".

Ces derniers, environ 3.000 (5.500 selon l'UNEF), avaient voté à main levée la poursuite du blocage de l'université. Un mode de scrutin considéré comme illégitime par plusieurs étudiants anti-blocage, qui réclamaient un vote sur présentation de la carte d'étudiant et comptage dans un amphithéâtre. Ce scrutin avait été programmé par M. Gontard depuis la semaine dernière, mais avait dû être annulé dans le climat de tension entre les deux camps. Lundi, il a été interrompu par les étudiants grévistes qui ont bloqué l'accès à l'amphithéâtre.

"Les grévistes ont réaffirmé le caractère souverain de l'assemblée générale et leur volonté de reconduire les modalités du vote à main levée sauf si aucune majorité claire n'était dégagée", a estimé Annaïg Piederrière, responsable du syndicat UNEF à Rennes.

"Devant le vote massif et incontestable en faveur de la reconduite de la grève avec blocage, le scrutin organisé parallèlement par la présidence de l'université était donc inutile et illégitime à leurs yeux", a-t-elle ajouté.

Constatant le manque de dialogue tant du côté des étudiants grévistes que du côté du gouvernement, la direction de Rennes II a déploré "cette interruption d'un processus démocratique", s'inquiétant aussi du "durcissement du mouvement consécutif à l'absence de réponse du gouvernement aux revendications des étudiants".

La prochaine AG estudiantine se tiendra mercredi, tandis que le prochain vote sur le blocage aura lieu le 20 mars.

De l'autre côté de la ville, sur le campus de Beaulieu, les étudiants de l'université de Rennes I (droit et santé) ont en revanche voté la levée du blocage des facultés. Les organisations étudiantes de Rennes ont de nouveau appelé les étudiants de la capitale bretonne à descendre dans les rues jeudi matin