Les Verts ont demandé samedi au PS le remplacement de Georges Frêche à la présidence du conseil régional Languedoc-Roussillon, suite à ses propos sur les harkis, faute de quoi ils suspendraient leur participation à la majorité du conseil. Le Conseil national inter-régional (CNIR, parlement du parti), réuni à Paris, a été le cadre de débats passionnés entre ceux qui ne demandent qu'une rencontre avec les autres partis de la majorité de la région Languedoc-Roussillon pour que soient prises "les mesures indispensables à un fonctionnement plus démocratique", et ceux qui exigent du PS le remplacement de M. Frêche de la présidence du conseil. Le texte, voté à une large majorité, "demande dans les plus brefs délais au parti socialiste le remplacement de Georges Frêche à la présidence du conseil régional", et déclare que, "faute d'obtenir satisfaction d'ici fin avril, les Verts devront suspendre leur participation à la majorité". Les élus Verts, selon plusieurs responsables, garderont leurs mandats tout en "sortant de la solidarité". Ils pourraient, ultérieurement, rendre leurs délégations. "On sera comme l'UDF", s'amusait un élu. Jusqu'ici "on a laissé faire, parce qu'il y avait la droite", a souligné pendant le débat Françoise Alamartine (Languedoc-Roussillon). "Aujourd'hui, on doit prendre des risques et mettre des choses en jeu", a-t-elle ajouté. "C'est une politique globale qui est en cause, il ne s'agit pas des dernières déclarations de Frêche mais d'un mode de gestion, de son clientélisme", a renchéri Pierre Minnaert (Ile-de-France). Jean-Louis Roumégas (Languedoc-Roussillon) a estimé à l'inverse qu'il ne s'agissait pas "de se faire plaisir", et qu'une décision de suspension de la majorité régionale risquait d'"affaiblir les Verts". "C'est le bal des faux-culs, pour des raisons électoralistes", a commenté à l'AFP le député Yves Cochet, favorable au départ de Frêche et à la menace des Verts de suspension de participation. Selon lui, les voynétistes soutiennent le puissant leader des Verts dans la région, Yves Pietrasanta, qui refuse la mise en jeu de la participation des Verts au conseil régional, "en espérant récupérer les voix de ses amis dans la compétition pour l'investiture à la présidentielle" Les élus Verts de la région Languedoc-Roussillon sont libres de suivre ou non cette décision du CNIR, les régions étant autonomes. "Mais les pressions seront fortes", a souligné Mireille Ferri, secrétaire nationale adjointe.