Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie 1 (immédiatement disponibles, à la recherche d'un emploi à durée indéterminée et à temps plein) a baissé de 1,1% en avril (-26.3000 personnes) par rapport à mars, selon les chiffres publiés mardi par le ministère de l'Emploi.

Le nombre de chômeurs de catégorie 1 - qui sert de baromètre officiel même s'il ne comptabilise pas tous les chômeurs - totalise désormais 2.262.000 personnes, soit le niveau le plus faible depuis juin 2002. Le taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT), calculé différemment, a quant à lui baissé de 0,2 point pour s'établir à 9,3% de la population active, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis novembre 2002.

Cette baisse profite à l'ensemble des catégories de demandeurs d'emplois, qu'il s'agisse des jeunes (-10,4% sur un an), des plus de 50 ans (-5,7%) ou des chômeurs de longue durée (-6,9%).

Dévoilant ces chiffres sur France 3, le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo a expliqué avoir "mis en place un meilleur accueil des demandeurs d'emploi, permis la formation, l'apprentissage, les contrats de professionnalisation, développé les services à la personne" dans le cadre du plan de cohésion sociale puis pris "avec le Premier ministre une deuxième série de mesures d'urgence pour l'emploi", parmi lesquelles figurait le contrat nouvelles embauches (CNE).

"Ces chiffres confirment la tendance à la baisse observée depuis mars 2005", qui a concerné "212.000 personnes sur la période", s'était-il félicité peu avant devant quelques journalistes.

Cette embellie est "l'addition du travail du plan de cohésion sociale, du CNE, de la bonne tenue de l'emploi - avec 50.000 créations d'emploi au cours des deux derniers trimestres -, du décollage du chèque emploi service universel (CESU), et de la baisse du nombre de licenciements et de plans sociaux", a expliqué à l'AFP son ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher.

Alors que les associations de chômeurs et certains syndicats attribuent la tendance des derniers mois au durcissement du contrôle des chômeurs, M. Larcher a au contraire souligné "la baisse du nombre de radiations administratives".

Misant sur le rapprochement de l'Unedic et de l'ANPE et sur la mise en place du suivi mensualisé des chômeurs, MM. Borloo et Larcher estiment "faisable de passer sous la barre des 9% d'ici la fin de l'année" et espèrent un "mouvement d'accélération" pour la suite.

"On ne va pas tarder à rendre le pays avec des chiffres meilleurs que ceux qu'on avait trouvés en mai 2002", a prédit M. Borloo. Le taux de chômage était alors de 9,0%.

Pour y parvenir, l'"obsession" des prochains mois sera le chômage des jeunes, qui, malgré une baisse importante, concerne toujours 22% des moins de 25 ans, a expliqué M. Larcher.

Echaudé par la crise du contrat première embauche (CPE), le gouvernement semble essentiellement miser sur le "parcours d'accès à la vie active en entreprise", prévoyant l'octroi d'une aide à tout employeur embauchant en CDI un jeune de faible qualification ou résidant en zone urbaine sensible.

Créé mi-avril pour remplacer le CPE, ce dispositif doit démarrer "d'ici la fin juin".