Cette mesure avait également été réclamée, aussitôt après les incidents de la rue de Rosiers, par plusieurs associations, telles que l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et SOS Racisme. Sur le plan juridique, la dissolution est rendue possible par la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat. Elle a été prise à titre de mesure individuelle, sur proposition du ministre de l'Intérieur.

"Le racisme ne passera pas et n'a pas lieu d'être sur le territoire de la République", a déclaré Nicolas Sarkozy à la sortie du conseil des ministres. "Le comportement de cette tribu et de ces individus est particulièrement choquant. Leur antisémitisme n'est plus à démontrer et la République ne peut pas tolérer de tels agissements et de tels comportements. Je n'ai pas l'intention de tolérer que des gens menacent, intimident, injurient, se comportent de la façon dont ils se sont comportés rue des Rosiers et dans un certain nombre d'autres endroits."

Jusqu'à présent, la menace n'a cependant pas paru émouvoir les membres de la "tribu Ka", qui avaient déjà promis des "réactions sanglantes" si quelqu'un s'en prenait à l'un des leurs. Le chef de cette "tribu Ka", Kemi Seba, a d'ailleurs affirmé aussitôt après la décision du Conseil des ministres : la dissolution, "on marche dessus, on n'en tiendra pas compte". Et d'ajouter : "A l'époque de l'esclavage, on a demandé aux esclaves de ne pas se réunir au-delà d'une certaine heure... Si tous les esclaves en avaient tenu compte, il n'y aurait pas eu d'abolition de l'esclavage".