Mon jeune (ou moins jeune) ami,
Me voila rassuré ! Tu accepte de lire l'expression de toutes les opinions. Bravo pour ton ouverture d'esprit, ce qui est rare de nos jours. Je comprends que je puisse un peu radoter - l'âge est là, mais, tu le comprends, lorsque je vois une minorité s'opposer aux jeunes qui voudraient travailler et passer leurs examens, il m'arrive de me demander si la liberté "liberticide" n'est pas la source de tous nos ennuis.
Je me demande si les casseurs (et beaucoup d'étudiants) savent ce que travailler veut dire, s'ils pensent un peu à leur avenir et à ceux qui "payent" pour les entretenir parfois dans l'oisiveté, "mère de tous les vices" ? D'ailleurs pourquoi ce poser la question - ils s'en moquent !
Je me demande encore si les enseignants font bien leur travail, si leur préoccupation majeure est celle de former des jeunes ou celle de préserver leur propre univers de tranquillité ? Plus grave, ces enseignants ne veilleraient-ils pas à "former pour former" un maximum de jeunes, et le plus longtemps possible, pour s'assurer de leur propre avenir, avant de penser à celui de leurs élèves, petits ou grands - ce qui consisterait à adapter la formation de chacun à sa propre capacité - former en fonction du marché du travail - pour réduire cette plaie de notre société, le chômage. Non ce n'est pas l'objectif d'une bonne partie de ces messieurs qui défilent au lieu de préparer leurs élèves à affronter la vie qui ne leur réserve pas que des bonnes surprises.
Mais bien entendu, tous ces messieurs ou ces dames (ils ne sont pas tous à l'éducation nationale) avancent masqués, sous le couvert d'idées généreuses, de modernité, de lute contre la précarité, de sécurité du travail, j'en passe et des meilleures. Les experts en "hypocrisie" mènent le bal et les "gogos" dansent ou regardent alors que bateau coule,...
En ce qui concerne les politiques, les syndicats - ce n'est pas mieux. Le plus grand des risques, pour eux, serait qu'il y ai un mieux. Que le chômage se résorbe, que les jeunes trouvent du travail, du moins ceux qui auraient pu obtenir une formation adaptée aux problèmes et aux besoins de notre temps. En effet, dans ce cas il serait difficile de mobiliser - de faire sortir les élèves et les professeurs dans la rue - de jouer les "bonimenteurs" devant les chômeurs et de "vendre" des usines à gaz façon "Martine".
Non, moi le vieux, j'en ai assez de tout cela. J'en ai assez également d'entendre ici ou là, la réflexion hautement inspirée du type "les jeunes n'ont pas votre chance, ils ne sont pas comme vous, ils n'ont pas de travail et ils n'auront pas de retraite". Soit, il y a du vrai dans tout cela mais qui leur dit comment leurs anciens ont du faire pour arriver à sortir de la misère ambiante de l'après guerre ou du milieu social qui était leur lot. Mais bien entendu, balivernes que tout cela !
Aujourd'hui on casse les facultés alors que hier ceux qui voulaient y aller ne pouvaient pas. Hier on avait pour ambition de gagner sa vie pour n'être plus à charge des parents et de la société. Aujourd'hui je ne suis pas sur que cela soit toujours le cas. Hier on prenait le travail qui ce présentait. Aujourd'hui on veut toujours le choisir, et le cas échéant le RMI ou "les études de circonstance, prolongées en faculté" sont pour beaucoup un moyen bien commode de vivre sur le dos de la dite société. Hier les jeunes des milieux défavorisés allaient aux cours du soir pour "meubler" leurs loisirs et sortir de leur condition, aujourd'hui ils cassent, ils défilent, ils se dopent,... En effet il y a une différence entre hier et aujourd'hui, même si je sais que tout le monde ne doit pas être mis dans le même panier ! (Pardon à ceux qui ne sont pas dans le dit "Panier").
Espérons que le réveil ne soit pas un jour trop difficile. Toutefois une chose me rassure, les anciens s'adapterons plus facilement que les jeunes à la rigueur du temps. Ils savent ce que ceci veut dire,...
Mon cher et jeune ami, voici pourquoi, je me permets de te passer ce message. Une manière pour moi de combattre, modestement, ce que le "Grand Charles" appelait la "chienlit" ! C'est toujours d'actualité !
Ton vieil ami Roger.